Templiers, l'union fait la force

Peyreleau, 7h


Je viens tout juste d'entamer la montée qui suit le passage dans le village médiéval, quand j'entends une voix familière juste au-dessus de moi. C'est Jérémy, copain de longue date avec qui j'ai fait le déplacement sur ce grand trail des Templiers.

Sur le coup je suis un peu surpris, avec son excellent niveau il devrait être plus loin devant...

La journée avait pourtant commencé comme prévu


Millau, 4h30


Après un réveil nocturne à 2h pour prendre un petit-déjeuner complet (une banane, deux œufs mollets et une bonne poignée d'oléagineux pour ma part), nous nous rendons avec mes compagnons du weekend Sébastien et Jérémy à Millau à 30 minutes de notre logement.

Nous croisons sur la route un gros sanglier et des températures de -4°C, ce qui ne réchauffe pas l'ambiance !


+3°C à Millau, nous nous (r)échauffons progressivement avant de rejoindre la mythique arche de départ.

Juste devant nous, une impressionnante ligne de coureurs élites internationaux : Sébastien Spehler, Jonathan Albon, Nicolas Martin, Julien Rancon, Robbie Simpson, Petter Engdahl, Benoit Cori, Thomas Cardin... J'en passe et des meilleurs, ça ne devrait pas traîner devant !


Puis vient le mot de l'organisateur Gilles Bertrand, la musique d'Era et le départ sous les fumigènes rougeoyants. Depuis le temps que je rêvais de ce moment, j'en ai la chair de poule...




Le départ n'est pas trop rapide, je déroule à environ 15km/h sur la première portion de route plate ce qui est bien suffisant à mon goût pour entamer un 80km.

En sortant du village de Carbassas et en quittant la route, je sors déjà les bâtons afin de négocier la première montée très raide et économiser au maximum les jambes pour la suite, tout en reprenant déjà de nombreux coureurs partis trop fort.


Arrivé sur le plateau, j'allonge la foulée avec de bonnes sensations, le travail de vitesse et de relance portant ses fruits. La descente sur Peyreleau est plus technique et glissante et je m'étale à plat ventre en rayant un genou et un coude, mais rien de mal. Ravito express en rechargeant une flasque de Saint-Yorre et ça repart.


La première partie de course se fera à la frontale dans la nuit noire et froide



C'est donc là que je retrouve Jérémy qui m'explique n'avoir pas récupéré de l'ultra Lozère trois semaines avant, c'était un peu prévisible mais je suis tout de même un peu déçu pour lui.

Nous effectuons la montée ensemble puis je prends quelques mètres d'avance à la relance sur le Causse Noir, à ce moment-là je me dis de faire ma course et de ne pas me préoccuper de ce qui se passe devant ou derrière.


Saint-André-de-Vézines, 8h13


Au ravitaillement, alors que je dépasse l'ami Benoît Chauvet, j'ai la bonne surprise de voir Jérémy revenir sur moi.

Nous entamons alors une longue course commune qui va nous permettre d'avancer au mieux malgré les difficultés, l'un prenant le relai là où l'autre est moins bien.

Nous remontons petit à petit des places sans trop savoir où nous nous situons.


La Roque-Sainte-Marguerite, 9h15


A mi-course nous revenons sur Matthieu Simon, solide coureur du Sud-Ouest, ce qui nous conforte dans notre idée que nous ne sommes pas si mal.

J'accroche alors mes bâtons contre un mur et une attache de la ceinture dans lesquels ils étaient rangés se casse, les faisant tomber. Je les ramasse en me disant que je vais désormais devoir les garder à la main, ce qui n'est pas trop dérangeant, mais je perds quelques mètres sur mes compagnons qui attaquent très fort la montée qui suit.

J'amortis le début de la côte puis me mets en mode "table basse" façon skieur-alpinisme pour recoller petit à petit.

Sur la fin de la montée, Matthieu s'envole et nous laisse à nouveau à deux avec quelques cartouches en moins... Il finira 13ème et une demi-heure avant nous, bravo à lui pour sa gestion et sa fin de course.


S'ensuit alors une partie de course plus difficile, les douleurs musculaires et articulaires s'accentuant fortement notamment au niveau des fléchisseurs de hanche comme souvent.

Néanmoins nous gardons le cap et reprenons encore un ou deux coureurs en perdition avant de ne plus voir personne entre chaque ravitaillement.


Aux ravitaillements je ne prendrai que de la Saint-Yorre et quelques morceaux de banane en plus des barres et compotes que j'ai prises avec moi



A ce moment-là nous nous disons que nous ne devrions plus trop gagner de place, hormis d'éventuels abandons devant, et sans doute ne plus trop en perdre non plus.

Je fais à part à Jérémy que s'il y a bien une personne qui peut nous reprendre ce serait Ruth Croft, favorite chez les féminines et habituée des gestions de course exemplaires.



Massebiau, 11h43


Cela ne manque pas, alors que nous entamons la terrible montée vers le Cade nous voyons la Néo-Zélandaise revenir sur nous. Nous résistons à son retour pendant toute la partie raide de la montée, puis la laissons passer lorsque le terrain devient plus roulant et qu'elle relance avec beaucoup plus de fraicheur que nous.


La fin est un long calvaire, la descente puis la dernière montée extrêmement raide vers la Pouncho d'Agast mettent nos jambes au supplice.

Puis c'est le passage dans la grotte du hibou avant la descente finale sur Millau. Jérémy ne peut plus suivre, je prends donc un peu d'avance puis l'attend derrière l'arche d'arrivée synonyme de délivrance.


8h02 de de course et 22ème, objectif atteint mais que ce fut dur !


Si l'on dit souvent que "seul on va plus vite, ensemble on va plus loin", aujourd'hui c'était plutôt "ensemble on va plus vite et plus loin que seul" !


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